Le Personnel Kamite et l'Implacable Mépris des Entreprises Blanches

Dernière mise à jour : 27 janv.


Dessin d'illustration montrant une femme kamite faisant une présentation de travail (démonstration graphique) en présence de trois personnes blanches ©Freepik



MISE EN CONTEXTE

En Septembre 2021, j'ai été embauché-e par une entreprise qui cherchait à combler un poste temporaire en tant qu'agent-e de communications. Il s'agissait d'un emploi subventionné par le gourvenement fédéral du Canada. En réalité, ce poste ne m'était pas destiné-e, je l'ai su lors de l'entrevue officielle que je remplaçais une autre personne en l'occurence Élodie De Souza dont ma vibrante rencontre avec elle allait consolider l'idée qu'il nous fallait créer, bâtir et faire prospérer nos propres entreprises. Ayant eu conscience de cette brèche dans la matrice, j'avais la conviction qu'il s'agissait d'un concours de circonstance bienheureuse qui serait en ma faveur. L'un des principaux critères d'emploi était celui d'avoir la cityonneté canadienne, c'est cet élément qui nous a départagé dans la discontinuité de son travail et dans la continuité du mien. J'avais la certitude que mon nouvel environnement de travail ne serait pas exempt de paroles, gestes, attitudes et comportements fortement imprégnés d'un racisme indélibile et ancrée dans l'inconscient de la structure organisationnelle dans laquelle j'étais. En effet, la société pour laquelle je travaillais se trouvait dans le Village un quartier de Tio'tia:h'ke (Montréal), le bastion de la communauté LGBTQIAP+ (Lesbienne, Gai, Bisexuel-l-e, Trans, Queer, Intersexe, Asexué-e, Pansexuel-l-e) et devenu par excellence le repère d'individus isolés en situation d'initinérance auquel vient se juxtaposer pour certain-e-s d'entre eux/elles une délinquance plus que notoire, de fortes addictions (drogue/alcool), une grande précarité d'emploi, une santé mentale en décrépitude et une misère morale. Mon expérience avec cette entreprise m'a permis de voir un autre aspect du Village, d'interargir avec les différent-e-s commerçant-e-s de ce quartier et de m'initier au monde des affaires.



RÉALITÉ LEUCODERMIQUE

Le propre de l'occident est la domination, en ayant un ascendant néfaste et despotique sur les autres Peuples-Nations qui composent notre éco-système y compris les leurs. Les sociétés leucodermes consacrent l'individualisme au détriment de la communauté comme valeur absolue déchirant au passage le tissu social. Les occidentaux fonctionnent selon une logique de prédation, c'est ainsi qu'ils ont façonné le monde dans lequel nous vivons avec des formes de pensées basées sur l'oppression. Nos ancêtres ont subi le courroux des Visages Pâles durant des siècles, les générations qui ont suivi y compris la nôtre continuent de subir de façon plus ou moins prononcé et d'accumuler les séquelles de ce qui est restré gravé dans la mémoire génétique de nos précédesseurs. Nous devons rompre définitivement avec ce statut quo et activer notre Divine Mélanine pour faire front et barrage au racisme sous toutes ses formes avec notre Brillance d'Esprit, notre Intelligence Remarquable, notre Capital Financier, nos Dons Innés & Talents Naturels, notre Capacité de Discernement et notre Spiritualité Ancestrale.


L'IMPLACABLE MÉPRIS DES ENTREPRISES BLANCHES

J'ai écrit une lettre à l'entreprise dans laquelle je travaillais parce que j'estimais qu’en tant que société qui prônait l’inclusivité et la diversité – ce qui veut dire que par essence qu'elle ne l'est pas – les membres organisationnels de cette société ont fait preuve à mon égard de comportements, gestes et attitudes qui relèvent du racisme. Cette lettre s’inscrivait dans une optique de faire comprendre, aux personnes blanches qui ont la prétention ne pas êtres racistes, que le racisme ne se manifeste pas uniquement par le dénigrement verbal et/ou l’atteinte à l’intégrité physique, il se matérialise également sous une forme beaucoup plus pernicieuse dans toutes les structures qui sont la chasse gardée des leucodermes, et c’est ce dont il était question dans la lettre que je leur est adressée. En effet, au cours de mon mandat au sein de leur institution, j’ai constaté un traitement différentiel envers moi. Bien vrai que mon prénom et mes pronoms aient été respectés, il en a été autrement en ce qui concerne mon Essence Kamite (Noir-e). J’ai indexé plus spécifiquement ma superviseure immédiate et un collègue de travail en mettant en copie conforme toute l'équipe de direction parce que si certain-e-s n’ont certes pas été les principaux/principales belligérant-e-s, ils/elles ont cependant été les témoins privilégiés de nombreuses scènes.



DÉPERSONNALISATION DU BUREAU

Tout a commencé lorsque ma superviseure m’a fait savoir qu’elle allait réquisitionner mon bureau sans me préciser la raison du pourquoi le bureau dans lequel j’étais et que j’occupais depuis 1 semaine depuis mon entrée en fonction, n’était plus le mien et il qu'il allait accueillir quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que cette dépersonnalisation du bureau traduit en réalité :


Cela signifie que l’individu qui allait occuper le bureau dans lequel j’étais avait plus de valeur que ma personne/position dans l’entreprise pour qu’on veuille réquisitionner mon bureau et le lui donner. Son bureau a été nettoyé/aménagé pour sa venue avec un mot de bienvenue. Ce qui n’a pas été mon cas. Qu’est-ce qui peut bien justifier cela, ma présence temporaire dans la société ? Mon statut d'employé-e temporaire n’était pas une excuse valable et légitime pour ne pas me trouver un bureau adéquat ainsi qu’un badge qui m’identifie clairement comme faisant partie de leur organisation (alors que tout le monde en avait) sachant pertinemment que le gouvernement fédéral leur avait donné les moyens financiers de pouvoir le faire. Lorsque j’ai demandé un badge, on m’a dit que je pouvais utiliser ceux qui étaient destinés aux bénévoles. Est-ce que quelqu’un parmis eux aurait accepté de porter un badge qui ne correspond pas à la fonction qu’il ou elle représente même pour un poste temporaire ?


Mon bureau a été dépersonnalisé en se retrouvant dans l’espace public (mon matériel de travail était toujours par terre) où il était l’objet de déplacements fréquents sans qu’on ne prenne le soin de remettre mes effets personnels à leur place. La seule fois où mon bureau a été remis en ordre, par d’autres personnes que moi, c’était la veille de mon départ. Comment se seraient-ils senti si après une semaine de travail on leur faisait changer de bureau, qu’on les mettent dans la salle commune, qu’en plus leurs effets personnels soient l’objet de déplacements assez réguliers et qu’on ne daigne pas remettre les choses à leur place là où on les avait trouvés ?



MÉCANISMES DE SUBORDINATION

La personne dont je relevais directement était ma superviseure immédiate et on m’a présenté tous les autres membres de mon équipe comme étant mes collègues. Quelle ne fût pas ma stupéfaction de constater que l'un de mes collègues, arrivé à quelques semaines d’intervalles avant moi, agisse comme un supérieur lorsqu’il s’adresse à moi dans le cadre du travail. Comment pouvaient-ils déléguer à quelqu’un qui occupe le même palier hiérarchique que moi dans l’organisation, la charge de me superviser de façon implicite? Se comportait-il de la même façon avec ses autres collègues de travail ? Il s’agissait là clairement d'un manque de considération à mon égard.


À la fin de mon premier mandat, j’ai texté ma superviseure pour l’informer de ce qui avait été fait. J’ai reçu une réponse par personne interposée. Mon collègue en sa qualité, s’est chargé de répondre à un message vu et lu par ma superviseure qu’elle n’a pas jugé important et opportun de répondre par elle-même. Il a fallu que ça se fasse par quelqu’un qui est supposé être mon collègue de travail alors qu’en réalité ce n’était pas le cas dans les faits. C'est dans les détails que l’on reconnaît la grandeur d’une personne ou sa petitesse.


À quelques reprises mon collègue de travail (ce n’était pas toujours le cas) s’est ingéré dans ma façon de faire le recensement en me disant de raccourcir mes textes, en me faisant une certaine pression pour finaliser toute la liste des commerces sachant qu’aucune date butoir ne m’avait été donnée dès le départ pour que je sache à quoi m’en tenir. Je n’ai su réellement les dates d’échéances que lorsque le rythme auquel j’avançais ne leur convenait pas et qu’il fallait accélérer la cadence pour que les informations soient prêtes pour le site internet.


Je n’ai pas écouté les directives de collègue de travail pour la majorité d’entre elles parce que j’estimais que je n’avais pas à recevoir d’ordre de lui, je l’ai texté pour lui faire part de mon ressenti en lien avec le fait que j’avais l’impression qu’il me mettait une certaine pression, chose que je n’appréciais pas et nous avons discuté en personne du fait que je ne voulais pas qu’il s’immisce dans la conduite de mes affaires.


RECENSEMENT DÉGUISÉ

Ils m'ont engagé pour faire deux tâches (recensement et sondage) dont ils ne voulaient pas s'acquitter. Et pourquoi donc ? Il s’agit de tâches laborieuses/minutieuses qui exigent de la patience et de l’entregent. Des tâches qu'on préfère déléguer à quelqu’un d’autre en raison de la redondance avec laquelle le recensement doit se faire et aussi à cause de l’interaction humaine qu’exige le sondage. Des qualités requises que j’ai (heureusement d'ailleurs) et qui m’ont permis de mener à bien mon entreprise. C’est le lieu de rappeler que tout ce qui a été écrit dans la description de mon poste ne correspond aucunement à la réalité de ce que j’ai effectué sur le terrain.


CONGÉ/MISE À L'ÉCART

Pendant deux semaines, j’ai été confiné-e à la maison sans qu’on m’explique pourquoi on m’avait accordé deux semaines de congé (sans me consulter encore une fois) et que j’en vienne à discuter de salaire avec mon collègue de travail, qui m’assure que ma première semaine de congé (que je n’ai pas demandé, ni exigé et qui m'a été imposée je le rappelle) sera payée en me disant également que je pourrais terminer à une date ultérieure à celle qui était indiquée dans mon contrat initial. Il aura fallu que je m’entretienne avec ma superviseure immédiate pour que ces deux semaines me soient payées en bonne et due forme. Elle s’est empressée par la même occasion de qualifier mon format d'écriture d’envolée lyrique, de commenter sur la soi-disant lenteur de mon recensement (alors qu’on ne m’avait pas indiquée de date d’échéance dès le début) et relever les quelques erreurs de mon travail (ce qui arrive quand on vous presse pour la finalisation et que c’est normal de faire des erreurs), en omettant au passage de mettre en évidence la qualité du travail qui avait été réalisée. Elle m’a présenté des excuses pour ne pas avoir su encadrer correctement le déroulement de mon travail. Toutefois, j’estime pour ma part que ses excuses n’étaient pas sincères vu la façon dont elle s’est braquée (en étant sur la défensive) lorsque je suis venue lui faire part de ma complainte. L’une des qualités d’une personne qui aspire à diriger avec bienveillance est d’avoir une écoute active. Or, je n’ai pas vu cette qualité émanée d’elle lorsqu’elle s’est adressée à moi en ce qui concerne l’interaction que nous avons eu par rapport à ce sujet.


SONDAGE RÉVÉLATEUR

Que s’est-il donc passé pendant les deux semaines où j'étais absent-e de la société ? Est-ce que qu'ils travaillaient de concert à l’élaboration du sondage ? N’avaient-ils pas penser qu’il serait intéressant de m’inclure dans le processus de création de ce sondage ? S'ils n'ont pas pensé à moi (de façon consciente ou inconsciente) comme je le présume, ils n'étaient clairement pas à la recherche d’une autre tête pensante pour compléter votre équipe, ils recherchaient simplement un-e exécutant-e qui allait s’acquitter de tâches qu'ils préféraient ne pas faire par eux-mêmes.



RACISME

La dépersonnalisation du bureau, la relation de subordination, le recensement déguisé et le sondage révélateur sont des manifestations d’un racisme profondément ancré dans l’inconscient de chacun/chacune d'entre-eux. La société où j’ai travaillé n’a été qu’un échantillon reflétant la réalité d’un racisme systémique dans sa forme organisationnelle. J’ai occupé un poste temporaire qui s'inscrit dans la longue liste de précarité d’emploi que vivent les Kamites (Noir-e-s) ainsi que d’autres communautés culturelles (Premières Nations et Inuits, Asiatiques, Arabes, Latinx, etc) au Québec et partout à travers le monde occidental. J’ai été mis auparavant (Tokenism) de leur organisation pour montrer une image de diversité et d’inclusion alors qu’en réalité l’objectif visé (conscient ou inconscient) était de redorer leur image (déjà entaillée) en recherchant l’effet que cela pourrait renvoyer d’un point de vue externe sachant qu’à l’interne ils ont agi à l’opposé des valeurs et de l’image qu'ils présentent ainsi que de la société qu'ils prétentent être.



VILLAGE

Mes interactions n’ont pas été optimales particulièrement avec ma superviseure immédiate et mon collègue de travail, elles ont même parfois frôlé l’antagonisme. Je n'ai rien à reprocher de flagrant aux membres de l'équipe dans leur conduite à mon égard. Mes relations ont été très cordiales avec la personne qui m’a précédé dans ce poste Elodie DeSouza et les autres employ-é-e-s de la société. J’ai réellement et très sincèrement apprécié ma deuxième partie du mandat qui consistait à faire un sondage. Organique dans sa cadence, son dynamisme et sa vivacité, révélatrice dans ma capacité à incarner la prestance, l’éloquence, le charisme et très enrichissante dans la variété/diversité/particularité/spécificité des profils de gérant-e-s/propriétaires qui dans leur très grande majorité m’ont reçu avec honneur et bienveillance en me partageant à coeur ouvert leurs expériences personnelles. La dernière question de leur sondage demandaient à leurs membres s’ils souhaitent participer à des ateliers de formation portant sur l’inclusivité. Ils devraientt ccommencer à appliquer cette question à eux-mêmes pour être parfaitement conscients et conscientes des dynamiques raciales présentes lorsque, en tant que personnes blanches, ils/elles interagissent avec des Peuples-Nations qui ne leur ressemblent pas.


Les écrits que vous avez lu ci-dessus constituent tous les éléments que j'ai intégré dans la version originale de ma lettre qui a été expédiée à la société. Les changements qui y figurent sont au niveau de l'identité des personnes et du nom de l'organisation qui sont anonymes. Mon article met en exergue une problèmatique récurrente/systématique que tous les kamites subissent d'une façon ou d'une autre lorsqu'ils travaillent pour des entreprises blanches.



LIRE ENTRE LES LIGNES

Le paragraphe ci-dessous est la réponse officielle de la société par la voix de sa présidente suite à ma lettre :


« Bonjour Kugaruka, je tiens d’abord à te remercier d'avoir eu le courage de partager avec nous ton expérience en nous transmettant ta lettre. Cela a dû te demander de l'énergie et je reconnais que cela n'a pas dû être évident pour toi. Ta lettre nous permet un regard critique sur notre organisation et, pour cela, nous te remercions de ton honnêteté et ta transparence. En tant que directrice générale par intérim ... , je prends acte et responsabilité de faire une introspection organisationnelle sur nos pratiques. J'accueille avec grande empathie ton témoignage et je suis extrêmement désolée que ton passage à ... ait été difficile. Sache que cette prise de parole, via ta lettre, nous permet de saisir avec plus d'acuité la réalité et les ressentis de beaucoup de personnes qui subissent le racisme, et d'autres formes d'oppressions et de discriminations, au quotidien. La ... est sur le point d'amorcer une belle et profonde démarche afin d'être toujours de plus en plus inclusive de toustes. Nous souhaiterions y intégrer des perspectives critiques comme la tienne afin de permettre que ce processus soit juste, légitime et porteur. Merci encore pour ton travail, ton honnêteté et ton courage. »



RÉPLIQUES EFFICACES

Quelles répliques efficaces adressées en tant que Personnel Kamite fasse à l'Implacable Mépris des Entreprises Blanches?


1 - Soyez parfaitement conscient-e-s des dynamiques raciales lorsque vous travaillez au sein d'une entreprise blanche;


2 - Soyez ingénieux/ingénieuses dans votre domaine d'expertise et démarquez-vous avec brio;


3 - Ayez une très grande clarté d'esprit et une excellente maîtrise de votre vocabulaire.


4 - J'ai de nombreuses stratégies/astuces pour vous permettre de faire front/de lutter contre le racisme avec tact et finesse dans votre environnement de travail. Il vous suffit de me contacter à l'adresse courriel suivante : kuseruka@gmail.com pour une séance privée.


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