Yôrôbô | La Renaissance Kong

Mis à jour : il y a 8 heures

Dans cet article, je vais m'intéresser à une icône de l’univers musical kamite (noir-e) dont la mort brutale, le 12 Août 2019 dans un accident de moto avait provoqué une onde choc auprès des peuples-nations Yahmessou [Côte d’Ivoire], une grande tristesse palpable auprès des mélomanes, un profond malaise dans le milieu artistique et une chape de plomb dans la famille du défunt. Fils de Logbo Valentine alias Tina Spencer [Tina Spendja, Lady Glamour, La Djadja] qui elle-même nièce de Zadi Gnirigbo, Houon Ange Didier est issu de quatre peuples-nations Yahmessou que sont les Bété, les Gouro [filiation maternelle], les Guéré et les Agni [filiation paternelle]. Son enfance et son adolescence sont marquées par quatre bouleversements majeurs. 1 - Le divorce de ses parents qui avait incontestablement brisé la cellule familiale en rendant vulnérable tous les enfants issu-e-s de cette union et plus particulièrement Ange Didier. 2 - La violence physique infligée par son père Houon Pierre – qui cherchait à le dissuader de toucher à ses instruments de musique, ses outils de travail, en tant que musicien et ingénieur du son – engendre un sentiment d’incompréhension chez Ange Didier. 3 - L’absence quasi-permanente de sa mère qui jouissait, et qui continue toujours d’ailleurs de jouir d’une réputation sulfureuse, crée un sentiment d’abandon chez Ange Didier d’autant plus qu’elle est toujours considérée comme étant une belle femme aux mœurs légères en raison de ses prestations scéniques de l’époque jugées obscènes. Rappelons à ce titre qu’elle-même avait été une femme violentée par son ex-mari selon ses dires dans une entrevue accordée à l’Infodrome : « J’ai été une femme martyrisée, Thérèse Taba est témoin ». 4 - Le départ précipité de sa grand-mère Dandi Lou Amenan aux États-Unis l’isole davantage surtout quand on sait que c’est chez elle qu’il trouvait du réconfort. La forte sensation de ne pas se sentir aimé et la dévalorisation permanente de sa personne à cause de la perception négative de son entourage vis-à-vis de sa mère le conduisent à abandonner l’école et à quitter le domicile familial pour se retrouver à vagabonder dans les rues d’Abidjan.

Vous souhaitez en lire plus ?

Abonnez-vous à www.kugaruka.org pour continuer à lire ce post exclusif.

S'abonner