Per • Isis’ | L'Univers Étincellant & Ombrageux du Bal

Mis à jour : 20 déc. 2020

Le documentaire débute en montrant une bande annonce écrite qui défile en continue. On peut clairement lire ceci : « Église de la Suprématie Blanche ... ». Ce film-documentaire réalisé entre 1987-1990 dans la ville de New-York aux États-Unis pose les bases de la réalité des kamites (noir-e-s) ayant la singularité d'être des Personnes Intermédiaires vivant dans une Amérique Blanche qui s'est construite sur le génocide des Premières Nations et la déshumanisation des Peuples-Nations Kamites (noir-e-s) par la traitre négrière, l'esclavage et la ségrégation raciale. Les restrictions sociales (Cliquez sur le lien pour en savoir davatange) auxquelles doivent faire face les Personnes Intermédiaires sont multiples et l'une d'elles a clairement été énoncée dans le documentaire : « Je me souviens lorsque mon papa disait qu'il y'avait trois contraintres contre toi dans ce monde et chaque homme noir en a deux. Le fait entre autres d'être noir et d'être des hommes, mais toi tu es noir, tu es un homme et tu es gai. Tu auras énormément de difficultés, mais si tu veux poursuivre ce chemin tu devras être très fort beaucoup plus que tu ne l'aurais imaginé. » À noter que l'utilisation du mot gai à cette époque et dans le documentaire était un terme générique s’appliquant aux Hommes-Femmes. Il regroupait dans un même ordre idée les mots suivants (homosexuel, drag queen, travesti, trans) avant qu'ils ne soient vulgarisés et qui je le rappelle servent à décrire des réalités propres en occident. La précarité sociale dans laquelle vivent les kamites (noir-e-s) aux États-Unis est un fait établit. Cette précarité sociale est doublement voire trimplement renforcée lorsqu'il s'agit des Personnes Intermédiaires qui se retrouvent sans ressources financières et confrontré-e-s à la misère morale lorsqu'ils/elles sont exclu-e-s de la cellule familiale. Une partie d'entre-eux/elles doivent se livrer à la prostitution par contrainte économique.

Pepper LaBeija et d'autres membres probalement affiliés à l'Univers du Bal ©Jennie Livingston


Dans cet article, je vais procéder au décryptage de l'épique documentaire Paris is Burning mettant en vedette des personnalités aussi flamboyantes qu'excentriques dotées d'un sens de l'esthétique et de l'émerveillement hors du commun.


AVANT-PROPOS

L’emploi du vocabulaire «Gardien-n-e-s des Portes» terme employé par Sobonfu Somé et Malidoma Somé est utilisé pour désigner l’ensemble des personnes possédant des spécificités les rendant différent-e-s du restant de la société selon un paradigme kamite (noir-e). Toutefois, ayant conscience que la langue française est une langue étrangère, il convient de mentionner que le terme de Gardien-n-e-s des Portes (Personnes Intermédiaires) sont les termes les plus adéquats pour nommer la particularité de ces personnes qui ont été, et qui sont encore considérées à tort comme «LGBTQIA+». L’acronyme «LGBTQIA+» s’accompagne de définitions et de concepts s’inscrivant dans un contexte occidental ne correspondant pas aux réalités kamites (noir-e-s) et ne pouvant en aucun cas s’appliquer aux Gardien-n-e-s des Portes (Personnes Intermédiaires). Cette notion de «Gardien-n-e-s des Portes» (Personnes Intermédiaires) correspond davantage à la terminologie «Two-Spirits» employée par les Premières Nations ainsi qu’à des terminologies similaires utilisées par d’autres peuples-nations dans leurs langues respectives.



FÉÉRIQUE & FASHIONISTA


L'Univers du Bal “ Ball Culture or Ballroom Scene ”dans la langue de Shakespeare selon Wikipédia est : « un phénomène de sous-culture LGBT aux États-Unis dans lesquels des personnes « marchent » (c'est-à-dire entrent en compétition) pour un trophée et des prix lors d'événements désignés comme des « bals ». Les compétitions peuvent inclure de la danse, ou des catégories drag imitant d'autres genres et classes sociales. La plupart des personnes participant à la culture du bal appartiennent à des groupes structurés en « maisons » (house en anglais) ». S'il est vrai que cette définition décrit l'univers du bal, je m'insurge contre cette catégorisation de notre héritage comme faisant partie d'une quelconque sous-culture sachant pertinnement que le mouvement LGBTQIA+ – quand bien même a été porté par certain-e-s de nos devanciers et devancières comme Marsha P. Johnson, Stormé DeLarverie et Silvia Rivera – a avant tout été crée, conceptualisé et développé par et pour les occidentaux qui vivaient une psychiatrisation, une oppression et une discrimination reliée à leur orientation sexuelle ou identité de genre. Or, au sein des Peuples-Nations Kamites (noir-e-s) l'orientation sexuelle et l'identité de genre n'existent pas (ne soyez pas choqué-e-s). Les termes originellement employés pour désigner les Personnes Intermédiaires [Shoga, Yan Daudu, Goorjigeen, Eponji, Kitesha, Ovashengi, Dano Mulekere] ne peuvent pas être assimilés aux terminologies LGBTQIA+ parce que la singularité de ces personnes était reliée à la Spiritualité, au Féminin Sacré et à un Statut Particulier en tant que Gardien-n-e-s des Portes où chacun-e devait contribuer au rayonnement de la société par l'utilisation de ses Dons Innés/Talents Naturels. La sexualité gémellaire et/ou le caractère androgyne de leur être (les deux notions étant très fortement reliées) était un aspect de leur singularité et non l'élément principal déterminant et façonnant leur identité comme en Occident. Je tiens à mentionner que les termes qui existent dans certain-e-s langues kamites (noir-e-s) et que j'ai énoncé pour désigner les Personnes Intermédiaires ont été dénaturés parce qu'ils sont perçus sous le prisme de l'occident et revêtent aujourd'hui une connotation négative. Lorsque vous prenez conscience de cela, vous comprenez que l'univers du bal a été crée comme un exutoire permettant la guérison émotionnelle, l'allégresse et la célébration de notre sens aiguisé de l'esthétique et de l'émerveillement. Les participant-e-s désireux et désireuses de briller aspiraient à une approbation du public. Cette recherche éffrénée de la célébrité découle de deux éléments :


Approbation : l'approbation de la famille, des amis, des pairs et de la communauté est une composante essentielle dans la construction identitaire d'une personne. Il est tout à fait légitime pour les participant-e-s à l'univers du Bal de rechercher l'approbation dans l'optique d'asseoir leur réputation, être sous le feu des projecteurs tout en étant applaudi, soutenu et reconnu. Cette propension a recherché de façon constante l'approbation externe découle d'une carence affective et/ou d'un manque d'attention qui on l'aura deviné tire sa source du cadre familial dans lequel ils/elles ont grandi. Elle peut s'avérer néfaste s'il on ni prend garde dans la mesure où, elle conduit les principaux et principales concerné-e-s à développer une faible d'estime de soi et des comportements excessifs parce que toute leur existence doit faire l'objet d'une constante approbation.


Reconnaissance Blanche : Franz Fanon l'a abondemment décrié dans son oeuvre qui n'est plus à présenter Peaux Noires, Masques Blancs où il démontre les nombreuses psychoses dont souffre les peuples-nations kamites (noir-e-s) de Madinina (Martinique). On peut aisément transposer ces pyschoses aux peuples-nations kamites (noir-e-s) des États-Unis et plus précisement dans le contexte de l'univers du bal. Les participant-e-s sont dans un schéma de pensée qui consiste à faire étalage de son opulence, recevoir des adulations, exhiber sa fortune et exalter son élégance. Raison pour laquelle il s'agit d'une féroce compétition comprenant une variété de catégories récompensées par des trophés. Cette quête de la reconnaissance blanche de façon consciente ou inconsciente provient de séquelles héritées de l'esclavage et de la ségrégation raciale. Cette forme d'aliénation mentale a aisément été cultivée par Hollywood et la cérémonie des oscars qui ont eu une influence considérable et un impact direct sur la psychée et le subconscient des kamites (noir-e-s). Cela cadre parfaitement avec ce que l'un des brillants narrateurs du documentaire disant que : « C'est ça l'Amérique Blanche ... dont tout le monde rêve, l'ambition en tant que minorité est de vivre et de paraître aussi bien qu'une personne blanche


SORORITÉ - FRATERNITÉ


La création des différentes maisons répondait à une nécessité d'encadrement et de structure pour les participant-e-s. Les maisons étaient également un refuge pour ces derniers et constituaient par la même occasion une famille. Ils/Elles se précipitaient d'intégrer les différentes maisons de l'univers du bal pour le prestige que conférait d'être dans une maison : « Tu es dans une maison parce que tu veux te faire un nom ». Dans le documentaire les noms des maisons sont pour certaines d'entre-elles des noms inspirés de la Haute-Couture française [Chanel, Saint-Laurent], d'autres ont opté pour des noms originaux [LaBeija, Dupree, Pendavis, Omni], certaines ont fait le choix de noms relevant du mythe ou d'une unité spéciale [Adonis, Ninja], d'autres se sont focalisé-e-s sur des mots anglais modifiés ou restés intacts [Overness, Xtravaganza] et certaines ont priviligié des noms de famille [Corey, Field, Lawong, Lamay]. Vous n'êtes pas sans savoir que l'attribution des noms n'est pas anodin et qu'un nom a une dimension à la fois identitaire, énergétique et cosmique. Dans la région des Grands-Lacs plus précisement au Urundi/Urwanda avant l'invasion coloniale, chaque personne était considérée comme unique raison pour laquelle les membres de la même famille avait un nom qui leur était propre. Ce nom était octroyé en fonction des circonstances de la naissance de l'enfant, de ses traits de caractère ou du ressenti des parents. Ce nom avait une incidence sur la destinée de l'enfant et agissait de façon considérable sur sa vie, ce pourquoi la sélection du nom était primordiale et répondait à un objectif précis : refléter la personnalité de la personne qui porte ce nom et lui permettre d'accomplir la mission pour laquelle elle s'est incarnée. Je peux comprendre que le manque d'information et d'éducation sur cet aspect a pu les conduire a choisir des noms qui n'étaient pas en résonnance avec leur taux vibratoire. Afin d'éviter de reproduire cette façon de s'octroyer des noms qui ne tiennent pas compte de notre patrimoine Toshiro Kamara l'une des 7 Étoiles de la Constellation avait à sa demande spéciale sollicité-e Kugaruka pour sélectionner un nom éminement puissant qui représenterait la beauté et l'authenticité des membres de la maison qui porte le nom de Sankofa (Kiki House of Sankofa).


PEPPER LABEIJA


Pepper LaBeija est l'une des figures majeurs de l'univers étincellant du bal qui se distingue par ses apparations théâtrales, ses costumes en strass et paillettes et pour son franc parler. Étant LaMère de la Maison LaBeija dont Crystal LaBeija est la fondatrice, Pepper LaBeija affirme tenir la maison d'une main de fer dans un gant de velour. Elle s'exprime sur son amerture reliée à sa relation conflictuelle avec sa mère en raison de sa singularité en tant que Personne Intermédiaire. Elle se propose comme parent de subtitution aux jeunes qui subissent l'ostrascisme familiale. Pepper LaBeija rappelle la condition peu reluisante des femmes dans cette société partriarcale et le tort qu’elles subissent. Il met en garde les Personnes Intermédiaires sur les véritables raisons de certaines d'entre-elles qui désirent recourir à la chirurgie et/ou à la prise d'hormones pour féminiser leur coprs. Il mentionne le nombreux cas de personnes voulant changer de sexe uniquement parce que convaincu qu’en étant des femmes, elles seront mieux traitées. Il refuse la chirurgie de changement de sexe et pose la problématique reliée aux regrets après une chirurgie de cette envergure.


DORIAN COREY


Une autre figure importante de l'univers du bal qui se démarque par son charisme, son éloquence, son intelligence et sa compréhension des rouages du système capitalise et des mécanismes du racisme ambiant qui gangrène la société américaine. Elle reconnaît la notoriété de Pepper LaBeija en rappelant aussi qu'elle est dépositaire de cette même notoriété mais sous un autre registre. Elle comprend que la connaissance permet d'accéder à des opportunités et que dans un système érigé pour les occidentaux en amérique, il s'avère difficile pour les kamites (noir-e-s) de rayonner et encore plus s'il s'agit de Personnes Intermédiaires. Elle rappelle que les standards de beauté conçus pour la population blanche ont été intégrés par les kamites (noir-e-s) faisant d'eux et d'elles des individus voulant ressembler à cet idéal d'où le défrisage des cheveux et le blanchiment de la peau présents au sein de nos commuanutés. Elle aurait espéré être une grande star au delà de l'univers du ball. Son expérience parle d’elle-même et l'enseignement qui en découle est à prendre en considération.


VENUS XTRAVAGANZA


Les latinos/latinas ont également contribué à l'enrichissement et à l'éclosion de l'univers du bal. L'une des plus connues en la matière est Venus Xtravanganza. Elle avait un grand désir de vivre dans le luxe et mener un train de vie extravagant comme le nom de la maison qu'elle a intégré. S'il est tout à fait légitime d'aspirer au luxe, l'on ne peut que se désoler que ce désir s'accompagne d'une volonté d'être à l'image de la femme blanche. Venus Xtranvaganza avait conscience que l'une des armes de prédilection pour persuader un homme était le sexe qui vient s'intercaler entre l'argent et le pouvoir. Elle savait jouer de ses charmes et savait pertinnement l'effet qu'elle pouvait provoquer auprès de la gent masucline. Son insouciance associée à sa liberté d'esprit ont eu raison d'elle lorsqu'elle a été retrouvée morte assassinée. Ce n'est pas sans rappeler le nombre d'Âmes Kamites Androgynes, exerçant le métier de travailleuses du sexe comme Venus Xtravaganza et que l'on a retrouvé trucidé.


WILLI NINJA


Willi Ninja est sans consteste celui-celle qui s'est considéralement démarqué-e des autres dans l'univers du bal. Son Génie Artistique se manifeste par l'art de la danse et par l'élaboration de chorégraphies à la fois dynamiques et complexes. Les figures géométriques que Willi Ninja maîtrise à la perfection et dont l'exécution enchante toujours les spectateurs et spectatrices portent le nom de Vogue nom du célèbre magazine de mode. Cette coordination ingénieuse des mouvements est le fruit d'un travail assidu, minitieux, d'une exigence remarquable et grandement alimenté par la mélanine. Il faut se remémorer que la danse dans nos us et coutumes a un caractère sacré et une dimension mystique puisqu'elle permet dans certaines cérémonies d'être dans un état de transe et de pouvoir rentrer en contact avec Le Monde Invisible. Willi Ninja proclame “le nom est une déclaration en lui-même” et que le Voguing est une attitude en elle-même. Il/Elle comprenait la dimension esthétique et énergétique du nom et des mots. Ce pourquoi il a opté pour le nom de Ninja pour mieux se fondre dans la masse et donner le coup de grâce en créant la surprise. Il/Elle ne croyait pas si bien dire puisque son grand désir de célébrité s'est exaucé puisqu'il/elle a pu bénéficier d'une attention médiatique et ainsi exporter son art au niveau international. Était-il parvenu au sommet de son art ? La question demeure quand on sait que Willi Ninja ainsi que l'univers du bal ont été une source d'inspiration qui a influencé la chanteuse Madonna dans la réalisation de la chanson et du clip Vogue. Ce chef d'oeuvre est comme qui dirait en anglais Iconic.


OCTAVIA SAINT-LAURENT


Octavia Saint-Laurent, l'une des plus belles, des plus élégantes, des plus fashionista de l'univers du bal et celle que j'ai le plus apprécié sinon autant que Dorian Corey et Willi Ninja. Elle veut une vie heureuse et épanouie, elle est partisane d'une vie luxuriante et aspire à la célébrité. Elle précise que son existence est légitime et qu'il en saurait être autrement. On pourrait s'attarder sur ses modèles d'inspirations qui sont presques toutes des femmes blanches faisant écho par la même occasion aux propos de Dorian Corey : « Black Stars were stigmatized » où il était difficile pour les nôtres de se reconnaître dans des personnalités publiques à notre image parce que nous recherchions à ressembler aux occidentaux. Ces propos sont d'autant plus véridiques lorsque Octavia St-Laurent se rend compte qu'elle ne pourra pas voir, se voir et être vu dans l'industrie de la mode, ni l'intégrer parce qu'elle ne correspond pas aux critères de beauté établis selon un barème occidental. Elle n'avait pas conscience qu'elle était déjà une égérie par sa prestance. En dépit de cela, elle était éprise d'un idéal et sa nature candide et naïve lui faisaient miroiter une vie glorieuse. L'une de ses phrases qui m'a marqué est celle-ci : « If money was not so important in the world today to survive, I guess I won’t want anything that I have now … » . Elle avait une vision vitaliste du monde et dans ce même ordre d'idée elle comprenait que l'argent était primordiale pour se maintenir dans ce système. Lorsqu'elle affirme : «I want so much more, I want my name to be household product » elle ne réalise pas à quel point si elle avait reçu un certain type de connaissances, la création de son nom en tant que marque aurait pu générer un égrégore.


KIM PENDAVIS AND FREDDIE PENDAVIS


Kim Pendavis and Freddie Pendavis forment un duo inséparable l'un excerçant sur le devant de la scène en l'occurence Kim et l'autre Freddie dans les coulisses. Kim est doué pour la couture, il est passionné, il a un esprit de compétition et une fibre entrepreunariale ce pourquoi il confectionne ses propres tenues vestimentaires. Freddie est de nature joyeuse et décontractée, il est à la fois dévoué et espiègle. Sa vivacité d'esprit lui permet de trouver des astuces pour survivre dans un contexe social et économique hostile aux kamites (noir-e-s). Il éprouve une satisfaction à supporter Kim dans sa volonté de devenir une Légende dans l'Univers du Bal.


ANGIE XTRAVAGANZA


Angie Xtravaganza LaMère de la House of Xtravaganza se présente comme quelqu'une de prévoyante, généreuse et prodiguant de sages conseils. C'est certainement cela qui lui a valu le titre de LaMère de l'année. La symbolique de la puissante mère est encore ancrée dans la spiritualité des peuples-nations kamites (noir-e-s). Les Personnes Intermédiaires ont une connexion pronfonde avec le Féminin Sacré c'est pourquoi elle occupe une place prépondante dans l'univers du bal. Willi Ninja avait mentionné avec brio qu'il fallait offrir quelque chose de considérable pour avoir une posture de dirigeante et que les mères étaient celles qui travaillaient le plus.


PARIS DUPREE


Paris Dupree de LaMaison Dupree est celui-celle qui a vulgarisé l'expression Butch Queen, c'est aussi à lui/elle que l'on doit le nom du documentaire. Tout au long du documentaire on l'entend s'égosiller sur scène. Son côté énergétique est en phase avec son personnage drôle et enjoué.


DRAMA QUEEN


Le sens de l’humour des Personnes Intermédiaires lorsqu'il fusionne avec le perfectionnisme et le sens du détail dont nous sommes doté-e-s donne naissance au Reading qui est une façon de ridiculiser une personne sur sa morphologie, son style vestimentaire, sa façon de s'exprimer. L'évolution pokémon de cette forme d'insulte et de se moquer est le Shade qui est encore plus pernicieuse. Les personnes qui excellent dans ces deux notions sont généralement désignées sous le vocale de Drama Queen. En Côte d'Ivoire, il existe une expression similaire pour décrire cette réalité dans le langage nouchi abidjanais, il s'agit de L'Attachement qui lorsqu'il est exarcerbé devient désagréable pour les personnes qui le subissent. Voici quelques exemples extraits du documentaire qui permettent d'illustrer le Shade : « Certaines personnes m'ont demandé ce que je voulais dire par Miss Cheescake, ça veut dire que vous ne devez pas seulement avoir un corps, mais que vous devez être sexy. Beaucoup de personnes ont un coprs, mais ne sont pas sexy ». Un autre exemple : « Partir à l'école … école, primaire, collège/secondaire, université, pas ici » Vous constaterez que le Reading et le Shade s'accompagnent toujours d'un fond de vérité.


LEGENDARY CHILDREN


L'une des dernières scènes du documentaire montre deux enfants/adolescents qui traînent dans les rues de New-York à des heures tardives, l'heure à laquelle où des enfants/adolescents de leur âge devraient être dans un environnement sécuritaire, c'est-à-dire à la maison. Cela m'a attristé de les voir sans encadrement sachant que ceux-ci avaient très certainement un immense potentiel créateur ce qui est le propre de toutes les Personnes Intermédiaires. On pourrait faire un parallèle avec le cas de nombreux enfants désoeuvrés qui jonchent les rues des capitales économiques de Katiopa (Afrique).


L'IMPLICATION DE JENNIE LIVINGSTON


Jennie Livingston a réalisé d'une main de maître et avec brio ce chef d'oeuvre qui demeure gravé dans la mémoire des Personnes Intermédiaires et plus parcitulièrement de celles qui vivent aux États-Unis. Ce documentaire reste une référence en la matière pour sa postérité, malgré son héritage contrasté. L'on est droit de se demander si toutes ces personnalités flamboyantes qui ont consacré leur temps et leur énergie à la construction de ce documentaire ont pu bénéficier d'une rétribution monétaire équivalente au succès du film qui a généré 4 millions de dollars. On peut effectivement remettre en doute la déontologie de Jennie Livingston, mais on ne peut pas lui reprocher d'avoir réalisé un documentaire sur les kamites ayant la singularité d'être des Personnes Intermédiaires parce qu'elle est une femme blanche et qu'elle a présenté le documentaire selon sa vision occidentale et l'idée qu'elle se faisait de l'univers du bal. Les participant-e-s consituaient la pièce maîtresse du documentaire sans eux/elles le documentaire n'aurait jamais vu le jour, c'étaient à eux/elles de refuser d'appaître dans ce documentaire qui les faisaient paraître aux yeux des profanes comme des individus frivoles. Toutefois, si l'on relativise, il s'agissait d'une opportunité et sans ce documentaire je n'aurais pas pu procéder à son décryptage. Dans l'entrevue que Jennie Livingston a accordé au magazine Vanity Fair, Pepper LaBeija s'exprime en ces termes « Je me sens trahie. Lorsque Jennie est arrivée pour la première fois, nous étions en plein bal, en plein fantasme, et elle nous a balancé un tas de papiers. Nous ne les avions pas lus. Tout ce qui nous importait, c'était l’exposition médiatique. On adorait être filmées. Plus tard, après nous avoir interviewées, elle nous a donné quelques centaines de dollars – nous assurant que lorsque le film sortirait, il y en aurait plus. ». Vous réalisez bien que le désir de gloire a prédominé sur le capital financier, un piège dans lequel nous ne devons plus nous laisser surprendre. La reconnaissance, la notoriété, la célébrité et le prestige – qui selon moi sont des éléments à prendre à considération lorsque le succès pointe à l'horizon – ne doivent en aucun cas être dissociés de l'enrichissement monétaire.


RÉSOLUTIONS


Une affirmation particulièrement intéressante de l'un des brillants narrateurs du documentaire précise que : « lorsqu'il qu'on en vient aux minorités plus spécifiquement la minorité noire, nous en tant que peuple avons en 400 ans été le plus grand exemple de modification du comportement dans l'histoire de la civilisation. Nous avons été dépouillés de notre essence et cependant nous avons appris comment survivre.» Ceci est d'autant plus véridique puisque ces dires font échos aux propos du Dr. Joy Angela Degruy qui a démontré dans son livre et dans une série de conférences le Syndrome de l'esclave post-traumatique dont nous avons hérité génétiquement et qui est l"une des entraves véritables et non-négligeables à notre rayonnement en tant que collectivité. Nous n'avons pas uniquement hérité des séquelles de nos ançêtres, nous avons aussi hérité de leurs grandes capacités intellectuelles ce que nous devons utiliser à bon escient. Voici donc mes résolutions en lien avec le documentaire Paris is Burning.


1 - Nous devons nous redéfinir selon un paradime kamite (noir-e) en utilisant des termes qui correspondent à nos réalités et qui sont en résonnance énergétique avec nos âmes. Les mots ont un sens et une vibration. C'est la raison pour laquelle j'ai pris le soin d'utiliser le terme employé par Malidoma Somé et Sobonfu Somé dont la traduction de ce que nous sommes du Dagara au Français donne le mot suivant : Gardien-n-e-s des Portes (Il en va de même dans certaines langues kamites). J'ai cru bon de trouver un synonyme à savoir le terme : Personnes Intermédiaires. Cette existence est essentiellement reliée à des Dons Innés/Talents Naturels, à la Spiritualité, au Féminin Sacré et à un Statut Particulier. Toute la gymnastique lingusitique LGBTQIA+ et les concepts qui en découlent ne sont uniquement applicables qu'aux occidentaux. Nous devons cesser de réclamer des identités qui ne sont pas les nôtres et qui nous restreingnent énergétiquement.


2 - Nous devons nous impliquer d'une façon ou d'une autre auprès des peuples-nations kamites (noir-e-s) que nous sommes malgré le mépris dont nous pouvons être la cible. Si nous nous sommes incarné-e-s en tant que Personnes Intermédiaires dans ce peuple, cela ne résulte pas d'un hasard.


3 - Nous devons être des instigateurs/instigatrices dans tous les domaines et y exceller. Nous devons nous instruire continuellemement afin d'être aguerri-e intellectuellement, d'avoir des idées ingénieuses et d'être des précurseur-e-s qui impacteront positivement les peuples-nations kamites (noir-e-s), ce qui permettra l'édification de nos communautés.


4 - Nous devons être celles et ceux qui parlent, écrivent, réalisent et immortalisent les récits, les enquêtes et les opinions des peuples-nations kamites (noir-e-s) y compris ceux des Personnes Intermédiaires.


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RÉFÉRENCES

La photo de couverture met en vedette Octavia Saint-Laurent. Un cliché faisant ressortir toute son élégance ainsi que son goût prononcé pour le sens de l'esthétique et de l'émerveillement.


Jennie Livingston/Réalisatrice, s’est inspirée de l'univers du bal pour réaliser le documentaire Paris Is Burning produit et distribué par la société Miramax.


Directeur de la Photographie © Jennie Livingston


Articles


Bert H. HOFF., http://www.menweb.org/somegay.htm, Gays: Guardians of the Gates, An Interview with Malidoma Somé, [En Ligne], Publication / Copyright © 1993 by Bert H. Hoff


NOFI., La Mélanine une bénédiction divine, Culture, [En Ligne], https://www.nofi.media/…/10/la-melanine-une-benediction-div…, Publication 17 Octrobre 2014.


Léandre Simbananiye., Les noms des personnes au Burundi, Anthropologie et Société/Revues, [En Ligne], https://www.erudit.org/fr/revues/as/2005-v29-n1-as993/011745ar/, Volume 29, Numéro 1, 2005, p. 167–181, Publication 18 Novembre 2005.


VANITY FAIR., Entretien avec Jennie Livingston, réalisatrice du documentaire queer Paris is Burning, Documentaire,https://www.vanityfair.fr/culture/ecrans/story/rencontre-avec-jennie-livingston-realisatrice-de-paris-is-burning-drag-queens-ballroom-pose/5931,Récits-Enquêtes-Opinions, Publication Vendredi 21 Juin 2019. La version originale de cet article est parue sur l'édition américaine de Vanity Fair.


Livres


Carol, Barnes., Melanin : The Chemical Key to Black Greatness, Black Greatness Series, 1988, Lushena Books, 97p.


Frantz, FANON., Peaux Noires – Masques Blancs, Préface (1952) et Postface (1965) de Francis Jeanson, Paris : Les Éditions du Seuil, 1952, Collection : La condition humaine, 239 p.


Sobonfu, SOMÉ., Vivre l’intimité, la sagesse de l’Afrique au service de nos relations, Jouvence Éditions, 02 Octobre 2001, 148p.


Vidéos

Dr. Joy Angela Degruy., Post Traumatic Slave Disorder, London 2008, [En Ligne], https://www.youtube.com/watch?v=BGjSday7f_8, Publication 12 Septembre 2016.


©Kugaruka



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